PARIS - LISBONNE, à pieds, sur les chemins du pélerinage de Saint Jacques de Compostelle et de Fatima...

05 mars 2007

Premiers signes et démarches d'un petit jacquet ou "s'il faut v(oul)oir..."

On me propose encore des choses, des actes qui me feraient rester. Je me rend compte que partir pour Saint Jacques de Compostelle demande forcément des sacrifices. Mais je ne pensais pas qu'ils allaient s'enchaîner de cette manière. Le sacrifice de quitter proches et quotidien doit être trop facile pour moi (car je les "prend" avec moi) alors m'est rajouté d'autres sacrifices, moins simples. Le déménagement de ma maman, mes cours, mes examens, les vacances entre amis et entre famille, l'évolution professionnellle, toutes ces choses qu'on rêve de faire quand viendra l'été, avec les acrobates/funambules, ceux qui font mon équilibre affectif/ma base d'amour, amis/famille, mes acro/bules. J'ai souvent hésité à séparer les deux mais ce sont bien deux formes d'amour dont il s'agit...Et pourtant si indissociables parfois... Mes acrobules sont prévenus, un à un. Et chaque acrobule de prévenu m'apporte des réponses et fait monter l'envie, d'une façon ou d'une autre. Acro-N m'a dit "c'est incroyable tous tes projets, surtout en pensant d'où tu viens...". Acro-G me confie avec engouement empathique qu'elle a "déjà tout imaginé [à propos de ma nouvelle "lubie"]" :) . Bule-M accepte ma décision avec crainte, voire incompréhension. La  crainte de la difficulté du défi, la peur de la pointe de masochisme qui me motiverait, l'angoisse sectaire bien française, l'incompréhesion de ce chemin méconnu si célèbre pourtant. Bule-N, par dires interposés, craint aussi et risque l'amalgame avec P.C. qui n'est pas la cause de mon désir. Acro-B, acro-MP et acro-E sont enjoués. Acro-I me fait douter. Mes Etoiles (acrobules parti(e)s de l'autre côté...) sont discrètes, je les attends. La vie me montre le mot "Santiago" à chaque coin de rue ou presque, des symboles de coquilles aussi. Le pélerinage de Saint Jacques de Compostelle m'apelle. Je l'ai dans le souffle, j'ai envie d'aller au bout de moi-même encore une fois, au bout de mes forces de solitudes et d'adaptation aux gens, aux lieux, à la nature. J'ai envie de marcher jusqu'à épuisement, que ce soit dur mais fort, intense mais éphémère, défi physique et spiritualité. Ce soir, démarche de recherche de locataire pour ma chambre en juin et juillet et premier de ma longue série de footing préparatoire. A chaque jour sa démarche, aussi brève soit-elle à partir d'aujourd'hui. Mon chemin comportera tout ce petit monde que j'aime et dont la santé et le bonheur est si important pour le petit grain de sable que je suis... Si il doit être purement égoïste, je ne le ferai pas. Comme un amat de grains de sable, je porterai humblement mes et leurs prières jusqu'à Santiago De Compostella. C'est pour ça que j'ai appelé ce blog "nos chemins".

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27 mars 2007

Le chemin avant le chemin

J'ai lu sur un blog, il y a peu, un ancien pélerin jacquaire qui disait que "le pélerinage de Saint Jacques commence à partir du moment où on prend la décision de l'entreprendre". Mon chemin a commencé, en effet, depuis ce jour là. Je passe par des stades de légereté absolue, à la limite de l'euphorie, par des stades de remise en question, de souvenir, de démons qui reviennent, toujours plus fort, me harceler au quotidien. Mais le doute, le doute sur le chemin, a presque disparu. Les obstacles fondent avec parfois de la facilité, d'autres fois un besoin de persévérance mais toutes mes craintes sur ce qui pourrait m'empêcher de partir semble s'évaporer peu à peu. Certains, comme acrobule-A m'aident avec une force improbable par rapport à ce qu'elle endure : ["tu n'es plus tout seul dans ta décision en en parlant aux autres, ainsi ils te proteront jusqu'au départ"]. Elle a si juste dans ces mots car le doute appartient si vite aux décisions "secrètes"...D'autres, comme acrobule-J me confortent avec tendresse en quelques mots dans les raisons de mon entreprise ["retrouver le sens de la vie est une chose précieuse"]. Certains me disent vivre le chemin par procuration ["je le vivrai à travers toi car c'est comme ça, en agnostique, que j'aurais souhaité le faire si j'en avais eu le courage"] (acrobule-MP) et donnent tout son sens au titre de mon blog. D'autres encore font preuve d'un adoubement à mon égard que je n'aurai pas soupçonné comme acrobule-B ou funambule-M...Il est difficile de se tenir loin de tout égocentrisme à la conception d'un blog et l'avant-chemin raconté en est dépourvu. J'en suis désolé, désolé de peut-être prendre trop au sérieux ce futur passage, de peut-être avoir trop foi en moi dans l'aboutissement de ce périple...Mais le chemin avant le chemin est un chemin. Et si ça devait être juste ça, ce sera juste ça. Car la notion même de chemin me passionne, la notion même de quête m'obsède et me porte depuis mon enfance. De ce cauchemar d'enfant répétitif à mes envies fortes de partir seul, de faire le grand voyage que je n'ai jamais réussi à entreprendre. Je me souviens d'une carte que mon étoile-TF m'avait offerte pour un de mes jeunes anniversaires. Un chien-humanoïde tenait son baluchon et suivait une pancarte où était inscrit "bout du monde". Pour les hommes de l'ancien continent, le bout du monde, c'était la pointe ouest de l'Espagne. Je me suis toujours vu en ce personnage et elle aussi s'amusait à me le dire. Moi qui cherchait des signes de mes étoiles...

me_sleeping

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13 avril 2007

Reste des pointillées...

Comment ai-je pu croire une seconde y échapper? Comment ai-je pu penser que tout coulerai, comme ça, en me laissant impassible devant une organisation apportée sur un plateau d'argent? Comment ai-je pu croire être si loin de mes démons intérieur? Comment ai-je pu autant croire en moi? Le doute est là, il est bien là. Je me répète toutes les heures que le doute fait partie du chemin comme dirait Acro-MP. Mais depuis ce matin, je me sens vide. Vide de sens, vide de raison, vide de pourquoi et vide de comment...Mais paradoxallement rempli de doutes, de peurs, de craintes. Tout ne s'arrête pas pour un voyage ridicule de 3 mois. Tout continue à tourner et à détourner tout autour de soi. Ce soir, je fais la fête, ce soir, je m'amuse, je danse, je fais la danse de la bière qui ennivre, je chante faux, je touche des corps, je dis des conneries euphorisées et demain, demain je m'y remet. Je l'ai dit à Acro-B, je lui ai dit qu'il fallait que je prenne du "bon temps" ce soir et elle m'a rétorqué que c'est ce que je faisais sans cesse depuis un certain temps...Oui, c'est vrai, même si ce n'est pas réussi à chaque fois. Je suis si loin de l'acquisition d'une certaine sagesse supplémentaire. Dans mon insouciance, je me trouble, dans mes mal-êtres périodiques, je me noie. Aujourd'hui je ne trouve plus rien d'exceptionnel, plus rien de "sacré" dans mon futur pélerinage. Je n'y vois qu'inconvenients et galères à venir, je n'y vois que banalité, voire même, que des superficialités de bo-bo. Mais le souffle reste. Ou les oeillères, je ne sais pas. mais quelque chose de fort persiste. Alors je ne m'arrête pas en chemin. Je suis mon avant-chemin jacquaire en me disant que je me suis heurté, aujourd'hui, à un petit obstacle. Et puis je lis le journal, je vois tout ce que je hais en l'Homme, je vois tout ce que je hais en moi. Mais je le referme en pensant un principe simple, agréable, nécessaire et bon qu'est la RELATIVITE. Reste donc des pointillées, à moi de (re)tracer la ligne maintenant...

simple5mm_pointille

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